Cultiver son équilibre et sa santé mentale

Cultiver son équilibre et sa santé mentale

Suzanne Blouin psychagogueParticipation au colloque
Santé mentale 2026

J’ai eu récemment l’occasion de présenter la psychagogie au colloque sur la santé mentale à Valleyfield, réunissant à la fois des intervenants du communautaire, de la santé et de l’éducation.

J’étais très heureuse de partager ce que les recherches sur l’imaginaire nous permettent de proposer pour aider des personnes qui en accompagnent d’autres dans leurs difficultés, dans leur quête de sens, dans leur volonté de vivre selon leurs valeurs, et à les aider à ne pas se laisser envahir par un don de soi exagéré, bref, à les aider à cultiver leur équilibre.

Petits cairns récents (apparus dans les années 2010, ici état 2018) au Cap de la chèvre dans le Finistère près du Sémaphore du Cap de la chèvre, en bordure de falaise, en Bretagne (Ouest de la France). (Photo : Lamiot / Wikipédia, Licence Creative Commons.)

Bien qu’on parle de l’équilibre le plus souvent de manière générale, il y a peu d’approches qui offrent une compréhension à la fois profonde et concrète de cette condition de vie nécessaire. L’approche psychagogique en apporte une vision au quotidien tout en faisant référence à notre vie spirituelle. En psychagogie, l’objectif n’est pas d’abord de rechercher un équilibre entre le temps passé au travail, en famille et dans nos loisirs, mais plutôt de chercher à développer notre capacité à être attentif.ve à tout moment aux polarités des valeurs qui nous animent pour, par la suite, mieux choisir l’action concrète à entreprendre dans le moment présent comme dans un avenir à plus ou moins long terme.

En nous s’agitent constamment deux énergies contraires, deux polarités, dont une est axée sur la performance et l’action extérieure à soi, tandis que l’autre nous fait ressentir le besoin de nous ressourcer, de réfléchir à notre propre sens à la vie. Or, dans notre société occidentale, c’est souvent la performance qui l’emporte et nous n’écoutons pas cette petite voix intérieure qui nous dit de nous arrêter : il y a toujours quelque chose d’urgent à faire sur une liste qui ne se termine jamais. Dans cet élan du « faire toujours plus », nous finissons par nous déconnecter de notre besoin de ressourcement et de sens, au travail comme à la maison. Pourtant, quelque chose en nous nous dit aussi que cela n’a justement pas de sens… Commence alors le tiraillement, le désir de tout lâcher, l’épuisement s’installe, on tente de compenser par des vacances, des massages et autres spas qui offrent détente et réconfort, mais qui ne changent pas notre dynamique interne et sociale.

Les capacités de notre imaginaire

Le véritable défi, c’est d’apprendre à valoriser l’équilibre au cœur même de nos journées encombrées par le recours conscient à toutes les capacités de notre imaginaire. Il s’agit de nous connecter à une autre énergie qu’on y trouve et qui est qualifiée de systémique, car elle nous permet de concilier performance et ressourcement, de ne pas nous laisser envahir par l’injonction permanente à une action externe qui nous déconnecte de nous-même. C’est un apprentissage :

  • savoir s’écouter soi-même pour ressentir lorsqu’on succombe trop à l’action et qu’on oublie de référer à ses propres besoins, ses propres aspirations, ses propres valeurs. En pleine réunion au travail, par exemple, cela peut prendre la forme d’une simple respiration plus longue, plus profonde.
  • revenir à soi-même au milieu du tumulte, moduler sa participation, ne pas s’impliquer à 200 % tout le temps et s’engager dans ce qui compte vraiment.

Finalement, grâce aux travaux du psychologue Yves Durand qui a analysé l’imaginaire de nombreuses personnes à l’aide de son Test AT.9, nous pouvons affirmer avec certitude que les personnes qui sont en bonne santé mentale sont celles qui disposent d’une posture équilibrée dans leur psyché, c’est-à-dire dans l’ensemble des processus, conscient et inconscient, qui forment leur esprit et leur personnalité, qui font de la place dans leur vie pour toutes les énergies contraires qui les habitent, et qui, au lieu de s’enfermer dans une façon unique de résoudre leurs problèmes, utilisent toutes les ressources de leur imaginaire pour faire face à la vie, et aux difficultés.

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